A partir de 22 heures, c’est toutes les 5 minutes. Toutes les 5 minutes, Murielle, petite main de la permanence de Marie-Arlette Carlotti, fend la foule et donne des résultats partiels. « Marie-Arlette en tête » crie-t-elle de sa voix perçante. L’impasse Fissiaux où est nichée la permanence de la candidate socialiste résonne. « On a gagné! On a gagné! » chantent militants et sympathisants de la ministre déléguée aux personnes handicapées. Plus l’heure avance et plus l’écart se creuse avec le député sortant, l’UMP Renaud Muselier.
« Marie-Arlette gagne avec 1723 voix d’avance. En pourcentage, 51,8% pour Marie-Arlette et 48,16% pour Muselier, Ouais on a gagné! » lance Murielle au final. La foule est aux anges, le voisin du troisième, qui lance de l’eau pour dormir tranquille, beaucoup moins. Qu’importe pour les militants, la victoire est là, elle est palpable. Enfin… « Ce sont des années de militantisme sur le 4/5! Marie-Arlette ça fait des années qu’elle est là et qu’elle rame et qu’elle veut gagner. Ça y est ce soir, c’est fait!« . Murielle n’a plus de voix. Heureux présage.
Il a enfin délesté ses portables. Vartan Arzoumanian, trentenaire, arménien d’origine et marseillais avant tout, laisse le stress de la campagne derrière lui et fait des bises au premier venu. Le jeune homme est aux cotés de Marie-Arlette Carlotti depuis longtemps. Il a même été son candidat suppléant en 2007. C’est surtout la personne qui a permis à Carlotti de labourer sa circonscription. Collage d’affiche, attaché de presse, conseiller, vidéaste, il aura tout fait pour elle. Ce soir, il sourit. C’est sa première victoire électorale. Puis, il se reprend. Carlotti arrive, il va falloir pour Vartan gérer les journalistes et la foule joyeuse.
Marie-Arlette Carlotti sort de sa voiture, s’achemine tant bien que mal dans l’impasse Fissiaux. Ses premiers mots vont pour les électeurs évidemment mais aussi pour les socialistes de sa ville. »Après avoir obtenu la confiance du président François Hollande et celle du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, j’ai eu celle des citoyens de Marseille et celle-là m’est encore plus précieuse. J’ai rassemblé au-delà de la gauche. Les Marseillais en ont assez de l’image que l’on donne de Marseille, y compris parfois dans notre propre camp. Nous allons maintenant travailler pour 2014 au service des Marseillais, et avec Eugène Caselli nous serons des partenaires. » 2014 autrement dit les élections municipales à Marseille. Après avoir mis le bazar à droite, voilà que Marie-Arlette Carlotti envisage la bazar dans la gauche marseillaise. N’en déplaise au voisin du troisième.










