Romatet : « le C.H.U est un grand talent turbulent »
Romatet : « le C.H.U est un grand talent turbulent »
Par Michel Allione

Jean-Jacques Romatet, a pris ses fonctions à Marseille officiellement le mercredi 23 janvier, comme directeur général de l’AP-HM. Anciennement en poste à Toulouse pendant 5 ans, il hérite d’une situation difficile sur le plan budgétaire et social.

- Dans quel état d’esprit arrivez vous à Marseille ? La situation dont vous héritez n’est pas simple ?

- Je suis dans un état d’esprit positif, déterminé. Assez vite, je me suis dit qu’avec les richesses de ce CHU, il était impossible que l’on ne soit pas capable d’arriver à une situation équilibrée. Richesses médicales et soignantes, il y a l’essentiel. Et avec elles tout est possible. Pour prendre une métaphore, dans les années passées, il y eu un coup de frein brutal, qui nous a bousculés. Une fois que l’émotion est passée, on ne peut que faire en sorte de s’organiser pour que ça ne se reproduise pas. Je ne pense pas qu’on puisse faire du coup de frein, une politique. Il le faut sans doute à un moment donné. Maintenant il faut construire et le faire avec les principaux partenaires. On doit travailler avec eux pour mettre en place des organisations médicales pertinentes mais en plus efficaces. En terme de coût et d’organisation de travail.

- Vous parlez aussi bien de l’organisation médicale que des fonctions logistiques ?

- Toutes les fonctions supports autour du linge, électricité, de la restauration, etc doivent être performantes. Je n’ai pas l’obsession de la privatisation dès lors que nous sommes capables d’avoir des fonctions supports performantes mais si ce n’est pas le cas, cela veut dire que nous utilisons des moyens pour les malades à autre chose qu’à les soigner. Je ne veux pas de discontinuité dans la prise en charge du malade, et si des économies sont à faire, ce sera pour mettre les moyens au bénéfice des  patients. C’est un chantier entamé depuis quelques temps qu’il m’appartient de mener en lien avec les organisations syndicales, les cadres, pour être performants.

 

- Vous semblez replacer l’intérêt du malade au cœur du dispositif ?

- Mon principe de base c’est que pour bien soigner, il faut bien gérer. Nous sommes là pour soigner, il ne faut pas se tromper, c’est le cœur du sujet. Quand on donne le coup  de frein, comme l’a fait mon prédécesseur, on ne peut pas cajoler. Il a fait un travail qui était difficile, j’en ai un autre qui est de créer maintenant les conditions d’une confiance partagée. On doit réussir. Avec la communauté médicale, on va travailler d’arrache-pied pour ça. J’ai des responsabilités pour donner des outils de gestion que l’on confiera aux médecins. Je serai aussi transparent avec les organisations syndicales, pour éviter de bloquer le système. Car si on l’empêche de se transformer, ce n’est plus un service public. Tout cela va prendre du temps, il ya aura des étapes intermédiaires et peut-être des fonctionnements imparfaits pendant cette période de transition. Je voudrais créer des équipes de remplacement pour amortir un peu les chocs, je n’ai aucune envie que la réorganisation passe par des fermetures de lits. Humainement, ce n’est bon pour personne.

- Votre premier travail quel est-il ?

Je suis en train de faire écrire le diagnostic global dans un document qui définira notre plan d’action mais je compte le partager avec tout le monde. Pour l’instant je fais un examen clinique et je m’appuie sur des examens complémentaires.

- A combien se monte le déficit aujourd’hui ?

- 1% du budget, c’est beaucoup et rien à la fois, cela fait 12 millions d’euros environ mais comme à côté de ça les tarifs vont bouger, ce séré sans doute un peu plus. Mais on doit pouvoir s’appuyer sur un travail collectif durable.

- Vos objectifs sont identiques, faire rentrer de l’argent ?

Bien sûr mais commençons déjà par coder parfaitement notre travail. On a réagir un peu lentement à cette nécessité de la T2A (tarification à l’acte). Une partie du travail n’a pas été correctement payée, ce qui a entrainé un manque de recettes. Mais dès l’instant qu’on a ces recettes qui correspondent au travail fourni, on peut travailler sur les organisations, logistique et soignante.

- Comment se situe le CHU marseillais dans le paysage national ?

C’est un grand talent turbulent. Il existe une apparente contradiction entre une grande fierté et un manque de confiance collective. Il faut s’attaquer à ça. Et restaurer la confiance collective. »

Propos recueillis par Marie RENARD

 

 


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