Benjamin Biolay : le cinéma m’a permis de m’accepter
Benjamin Biolay : le cinéma m’a permis de m’accepter
Par Céd. Cop.

D ans la foulée de son concert marseillais au Silo, vendredi 19 avril, Benjamin Biolay a accepté de nous recevoir dans sa loge le temps d’un interview autour de sa prestation. Rencontre avec un auteur-compositeur-interprète parmi les plus doué de sa génération, qui n’hésite pas à vous mettre à l’aise en vous proposant lui-même un verre et en vous tutoyant, en toute simplicité.

 

Tout d’abord merci à toi de nous accorder cette interview juste après le concert…

Après le concert je trouve que c’est mieux. Souvent avant un concert tu es tout serré, incapable de t’exprimer ou alors tu peux paraître agressif ou bêcheur, ça m’est déjà arrivé et ça a contribué à me donner une mauvaise réputation… Simplement parce que je n’étais pas en état d’être concerné par les questions que l’on me posait.

 

Alors comment as-tu ressenti ce concert ce soir ?

Très très bien. J’ai senti un retour d’énergie assez fort et qui portait vraiment la fin du spectacle. C’était un public qui était à la fois  démonstratif et concentré. Du moins, c’est l’effet que ça m’a fait.

 

Tu penses que Le Silo est une salle qui se prête bien à ton live ?

Au niveau du son sur le plateau, ça me paraît très bien, parce que tu peux te permettre d’envoyer de la pression acoustique assez importante sans que ce soit agressif. C’est assez rare en fait.

 

Tu as fait le choix depuis ta précédente tournée de te « débarrasser » des instruments sur scène. Pourquoi ?

Déjà, parce que les gens n’en ont rien à faire que je sois instrumentiste. Et puis ça prend vraiment une place prépondérante dans l’énergie et dans le cerveau… quand je chante, je ne sais plus si le morceau est en « La »ou en « Fa», ça n’a plus d’importance pour moi. Si je joue d’un instrument en même temps, je suis obligé d’être dans une espèce de concentration permanente qui en fait déflore un peu trop à mon gout. Et puis, oui, les gens viennent voir un chanteur et j’ai envie d’être chanteur aussi.

 

Un set list de 25 titres. C‘est dense mais tenu. Comment se sont faits les choix ?

Ils sont assez démocratiques. Avec mes musiciens, on joue ensemble depuis très longtemps. Certains 10 ans d’autres même 20 ans… J’aime bien savoir aussi ce qu’ils ont envie de jouer.

 

Il y a aussi pas mal de titres remixé lors du concert. Est ce que c’est l’envie de donner à chaque fois une saveur particulière aux morceaux ?

Ça vient du fait que je ne réécoute jamais mes disques ! Les musiciens les réécoutent évidemment, mais pas moi, j’aime bien retrouver cette virginité. Ce sont des chansons que j’ai écrites donc elles sont en moi. Par exemple, Ground Zero Bar, un musicien voulait la jouer absolument et puis moi aussi. A la première répet’ je n’avais plus le texte en tête et j’étais complètement perdu. Je voyais à peu près où allait la chanson mais je l’avais presque oubliée… Mais je l’ai repris et  il est revenu très naturellement, mais c’est vrai que je n’ai pas réécouté la version du disque, les changements sont du en partie à ça.

 

Il y a une idée de génie c’est de coller ce « Gound zero bar » avec « Personne dans mon lit », de faire référence de cette façon au 11 septembre avec les tours buildings en fond. Ca donne une ampleur particulière au spectacle…

Je vais dire que ce n’est pas du hasard. Mais je trouve que ce que font les techniciens à la création sur la tournée est super important. Ça permet de désacraliser la fonction du chanteur…

 

Est-ce que tes rôles au cinéma t’ont aidés à aborder la scène ?

Oui, beaucoup ! Pas dans le chant à proprement parlé mais ça me permet de ne pas trop me préoccuper de  ce qu’on pense de moi. Le cinéma est une mise à nu tellement crue que quand tu l’as acceptée… Par exemple, je déteste mon profil gauche, mais je n’ai jamais fait la moindre réflexion la dessus à un réalisateur. Un jour sur mon tout premier film, j’étais vraiment à deux doigts, et puis j’ai compris que le problème n’était pas d’être beau ou pas. Il s’agit surtout d’être crédible. C’est pareil pour un chanteur, avant de vouloir épater physiquement, de faire un bon mot, il faut qu’il se trouve dans son élément. Donc, oui, le cinéma m’a beaucoup aidé à m’accepter.

 

Le spectacle a un peu évolué dans le choix et l’ordre des titres depuis ta première au Casino de Paris le mois dernier. C’est une nécessité de modifier les choses au fil de la tournée ?

Oui, je crois qu’il faut. Il n’y a rien d’héroïque, ce n’a pas vraiment une mise en danger, on ne risque pas grand chose, mais ça stimule de prendre quelques risques, de changer l’ordre ou de se dire « tiens ce soir, j’ai plus envie de jouer celle-ci »… ça empêche la routine. Il n’ya a pas par exemple le risque du théâtre…

 

Le théâtre justement tu t’y es essayé avec un spectacle. Il parait que ça a été une mauvaise expérience pour toi.

Pas mauvaise… C’est pas moi qui n’aime pas le théâtre, c’est lui qui ne m’aime pas. Rien que quand j’entends, « mesdames et messieurs en scène dans 5 minutes, j’ai envie de dire, « si je veux ». Si j’ai besoin de neuf minutes, j’y vais dans neuf. Même au cinéma quand le premier assistant te dis « on te veux sur le plateau », si tu demandes qu’on te laisse deux minutes, ça ne pose jamais problème. Mais au théâtre, il y a un côté rugueux, vachement autoritaire  et puis répétitif à mort. Je sais que les grands acteurs de théâtre arrivent à éviter de se faire chier, mais je pense que la redondance m’ennuie. Nous en musique, on n’a jamais ce truc de se dire putain, il faut que j’y retourne…

 

Sur l’album, tu avais beaucoup de featuring. Est ce que c’est difficile, ensuite de transposer ça à la scène, en solo ?

Non, justement parce que c’est des featuring. Ce serait des duos, ce serait plus compliqué, ce serait même un cauchemar. Mais si tu remarques, il n’y a pas vraiment de duos sur l’album, c’est plus des interventions des uns et des autres, et puis il y a l’énergie du moment. Après j’évite de faire le même rap qu’Orelsan (Ne regrettes rien, NDLR), je prends un peu ses mots, je les mets dans le désordre… le morceau avec Carl Barat (Vengeance) n’est pas jouable seul, parce que là c’est un vrai duo avec chacun un couplet, chacun un refrain, mais c’est le seul et je ne le joue donc pas en concert.


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